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08/01/2016

C'est la guerre

Liberté

Paul Eluard

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

29/04/2015

Pause tendresse

Je marchais dans la rue, tout simplement. Il est arrivé près de moi par surprise. Je ne l'avais jamais vu encore. ll m'a fait un sourire qui s'est directement imprimé dans mon âme. Un sourire franc et chaud comme le soleil qui s'amusait à donner des couleurs à ma peau. Je n'ai pas eu peur. Il a mis sa main dans la mienne et m'a dit qu'il s'appellait Confiance. Je lui ai répondu instinctivement que je m'appellais Espoir. Il a rétorqué malicieusement qu'il le savait déjà. Je ne sais plus lequel d'entre nous a dit: "Tu viens? On va sauver le monde". Nous l'avons probablement dit en même temps.

Il a calé sa main encore plus solidement dans la mienne et je l'ai suivi. Nous n'avons pas marché longtemps, une maison nous attendait. Je ne la connaissais pas, lui non plus et pourtant nous le savions, c'était chez nous. La porte était grande ouverte et la valse en la mineur op. posthume de Chopin nous souhaitait la bienvenue. L'intérieur était simple: du bois, des murs blancs, de la pierre. Tout aussi simple était le bouquet de fleurs fraîchement coupées qui se trouvait dans la chambre. Il était composé de boutons d'or, de marguerites, de myosotis et de brins d'herbe.

 

Nous nous sommes déshabillés sans trop bien y réfléchir. Puis nous nous sommes allongés tout doucement sur les draps blancs et parfumés sans nous lâcher la main. Nous avons fermé les yeux et nous nous sommes parlés sans rien nous dire. Ca a duré un bon moment, le silence avait beaucoup de choses à raconter. Il avait des années à raconter... Il avait des rires, des moments de découragement, des pleurs, des rêves, des doutes, des colères et une foule de petits épisodes du quotidien à nous faire partager. Il y avait même de légères trahisons. C'est qu'il avait rencontré des femmes qui se prenaient pour moi et que j'avais rencontré des hommes qui se prenaient pour lui avant. Tout s'est finalement mélangé, fondu harmonieusement et nous avons prononcé en guise de conclusion nos prénoms.

"Espoir".

"Confiance".

Après, je ne me souviens plus très bien. Je crois que j'ai arrêté de penser. Je me rappelle de ses lèvres sur mon corps. Je me rappelle de sa peau blanche sur ma peau dorée. Je me rappelle avoir fait le tour de lui avec mes mains et ma bouche. Je me rappelle que ce moment ressemblait à un pique-nique à la campagne. A une partie de cache-cache dans les herbes folles.

Il sentait bon. Son odeur se mélangeait à la mienne et ensemble nous en avons créé de nouvelles. Notre balade à travers champs n'en finissait pas d'être belle. Nous ne nous lassions pas des courbes, des vallons, des paturages, des clairières... Nous ne cessions pas de nous accorder de nouvelles petites haltes.

Quand est-il venu en moi? Je ne saurais vous le dire. Mais il était là, oui, à l'intérieur de moi et en mon for intérieur.

Il était Homme et j'étais Femme. Il était Mâle et j'étais Femelle. Il était là. Moi aussi. Enfin.

J'ai joui la première. Puis, j'ai senti ses secousses, ses tressaillements. J'ai senti la vie. En perfusion.

 

Le silence était revenu, il s'était faufilé entre nos halètements, nos cris et nos soupirs.

Son visage s'est noyé dans mes cheveux. Il a chuchoté "Oh, Espoir...". J'ai murmuré "Confiance"....

Il a posé sa main sur mon ventre et il a dit doucement : "Je t'aime déjà, jolie Victoire..."

Nous avions réussi.

Nous avions sauvé le monde...

 

 

03/11/2013

Heimweh

L'exil. L'exil qui me pèse en vieillissant. Je n'ai pas mille ans mais il semblerait que les années se chargent en langueurs et longueurs lorsque quelque chose manque. Ma jeunesse? Les cîmes? La vie singulière de montagnarde? De Heidi au royaume du fric et de la poudre blanche? Je ne sais mais ça manque. Je fus, là-bas, une autre. J'ai du fuir. Et lorsque l'on fuit, l'ailleurs est toujours meilleur. Courir, courir, courir..toujours poursuivie par cette ombre qui tantôt se fait menaçante tantôt caresse. L'ombre du passé. Les racines qui enveloppent et qui font trébucher. Heimat. J'ai perdu la terre maternelle. A jamais. L'exil, une anomalie salvatrice. Je n'y retournerai plus. C'est mort! Vive aujourd'hui et vive le laisser-aller vers la nostalgie. Je suis née quelque part. 

18/03/2013

Bonne année 2013!

Tenir un blog, c'est juste complètement dépassé, n'est-ce pas?! Enfin un blog pour raconter sa vie. Plus le loisir d'être égocentrique, désormais il faut cuisiner, se maquiller, être experte en "loisir créatif" selon l'expression consacrée pour être un survivant du blog. Bref bosser, établir un plan de carrière de bloggueur, enfiler des perles, prendre en photo des beaux gateaux pas bons, présenter l'anticerne magique qui masque les boutons. Beurk!!!! 

 

A part cela, comment vas-tu lecteur fantôme? Je parie que tu regardes the voice à la télé, toi! Et que tu as déjà ta dose des socialistes. Bon, j'me quitte, à bientôt!

 

Et que devient donc dfp?!

 

La bonne bise

26/10/2012

Mais que sont-ils tous devenus?

Un petit coucou à tous les survivants du vieux monde des blogs!

 

C'est horrible, j'ai juste l'impression d'avoir 2000 ans!

19/06/2010

Flash back

2010...Hautetfort est toujours là. Mon blog est toujours là...Effacer, ne pas effacer? Il faut croire qu'une part d'Xquise subsiste encore en moi....J'efface pas!


Quoi de neuf depuis tout ce temps?

 

-J'ai fait des enfants. Quelle originalité folle, n'est-ce pas?!

-La crème de la crème des blogueurs vend désormais du vernis à ongles et du camembert. La classe!

-Je planque mes ex courbes affriolantes derrière des maxi t-shirts (taille 40 et griffés, faut pas déconner non plus!)

-Incollable je suis sur le bisphénol A et les phtalates. Et qu'est-ce que ça me gave!

-Je m'embourgeoise

-Je ne dis plus "merde", j'ai rejoint la secte de ceux qui disent "mercredi"

-Je suis cependant et c'est juste comme ça, toujours aussi foutrement allumée du bulbe.

 

Et toi lecteur, ça va? Et là, le vide, le silence...bon ben qu'est-ce que je fais Xquise? Je m'autocommente?! Non, laisse tomber va....Rien de tout cela n'est grave!