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29/04/2015

Pause tendresse

Je marchais dans la rue, tout simplement. Il est arrivé près de moi par surprise. Je ne l'avais jamais vu encore. ll m'a fait un sourire qui s'est directement imprimé dans mon âme. Un sourire franc et chaud comme le soleil qui s'amusait à donner des couleurs à ma peau. Je n'ai pas eu peur. Il a mis sa main dans la mienne et m'a dit qu'il s'appellait Confiance. Je lui ai répondu instinctivement que je m'appellais Espoir. Il a rétorqué malicieusement qu'il le savait déjà. Je ne sais plus lequel d'entre nous a dit: "Tu viens? On va sauver le monde". Nous l'avons probablement dit en même temps.

Il a calé sa main encore plus solidement dans la mienne et je l'ai suivi. Nous n'avons pas marché longtemps, une maison nous attendait. Je ne la connaissais pas, lui non plus et pourtant nous le savions, c'était chez nous. La porte était grande ouverte et la valse en la mineur op. posthume de Chopin nous souhaitait la bienvenue. L'intérieur était simple: du bois, des murs blancs, de la pierre. Tout aussi simple était le bouquet de fleurs fraîchement coupées qui se trouvait dans la chambre. Il était composé de boutons d'or, de marguerites, de myosotis et de brins d'herbe.

 

Nous nous sommes déshabillés sans trop bien y réfléchir. Puis nous nous sommes allongés tout doucement sur les draps blancs et parfumés sans nous lâcher la main. Nous avons fermé les yeux et nous nous sommes parlés sans rien nous dire. Ca a duré un bon moment, le silence avait beaucoup de choses à raconter. Il avait des années à raconter... Il avait des rires, des moments de découragement, des pleurs, des rêves, des doutes, des colères et une foule de petits épisodes du quotidien à nous faire partager. Il y avait même de légères trahisons. C'est qu'il avait rencontré des femmes qui se prenaient pour moi et que j'avais rencontré des hommes qui se prenaient pour lui avant. Tout s'est finalement mélangé, fondu harmonieusement et nous avons prononcé en guise de conclusion nos prénoms.

"Espoir".

"Confiance".

Après, je ne me souviens plus très bien. Je crois que j'ai arrêté de penser. Je me rappelle de ses lèvres sur mon corps. Je me rappelle de sa peau blanche sur ma peau dorée. Je me rappelle avoir fait le tour de lui avec mes mains et ma bouche. Je me rappelle que ce moment ressemblait à un pique-nique à la campagne. A une partie de cache-cache dans les herbes folles.

Il sentait bon. Son odeur se mélangeait à la mienne et ensemble nous en avons créé de nouvelles. Notre balade à travers champs n'en finissait pas d'être belle. Nous ne nous lassions pas des courbes, des vallons, des paturages, des clairières... Nous ne cessions pas de nous accorder de nouvelles petites haltes.

Quand est-il venu en moi? Je ne saurais vous le dire. Mais il était là, oui, à l'intérieur de moi et en mon for intérieur.

Il était Homme et j'étais Femme. Il était Mâle et j'étais Femelle. Il était là. Moi aussi. Enfin.

J'ai joui la première. Puis, j'ai senti ses secousses, ses tressaillements. J'ai senti la vie. En perfusion.

 

Le silence était revenu, il s'était faufilé entre nos halètements, nos cris et nos soupirs.

Son visage s'est noyé dans mes cheveux. Il a chuchoté "Oh, Espoir...". J'ai murmuré "Confiance"....

Il a posé sa main sur mon ventre et il a dit doucement : "Je t'aime déjà, jolie Victoire..."

Nous avions réussi.

Nous avions sauvé le monde...